Archive de la catégorie ‘textes’

Voice: épisode spécial

Jeudi 11 août 2016

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Épisode spécial: Voice investit un immeuble abandonné. Elle doit parvenir aux étages qui abritent un harmonium hanté. Et libérer les âmes perdues dans cet instrument. Notamment sa meilleure amie d’enfance depuis longtemps disparue, qui s’est brisée les ailes en croyant aux faux espoirs de célébrité vendus par cette ville pourrie.

Nouvelle idée/nouveau développement à intégrer à l’affrontement que se livrent Voice et Mute, les défenseurs de la liberté contre la suprématie de l’industrie musicale.

ironball

Mercredi 3 août 2016

ironball

Les enfants du quartier m’en font voir de toutes les couleurs. Les croche-pieds à la sortie du collège. Le chewing-gum sur mes pompes neuves. Les filles qui me déshabillent du regard sous la douche, et la surveillance passive des profs indifférents, qui rigolent bien dans leur coin.
Déménager sans cesse, venir de nulle part : ça paye mal. Ou alors seulement en claques que je me prends quand je rentre à la maison parce que mes vêtements de la rentrée tardive sont déjà déchirés.
Je rame en cours. Ma dyslexie me met des bâtons dans les roues, et le beau-père me roue de coups.
Alors, je n’ai que mon habileté à jongler, ma vitesse à dribler et ma force de frapper.
Je donne rendez-vous aux gosses du coin sur le grand terrain grillé. J’ai des envies de meurtres qui courent dans ma tête surchauffée. Je respire calmement et je ne fais qu’un avec le terrain. Je vais frapper fort mais sans violence. Je slalome et tente ma chance. Je les tuerai par mon adresse, et tous les buter à la loyale.
Le nouveau roi de la balle.

hold-up

Mercredi 3 août 2016

Le camion s’arrête dans une rue déserte. Les déménageurs descendent en quatrième vitesse. Le chef donne des ordres et les autres se dispersent. Il sort un couteau de sa poche et réajuste sa casquette sur sa gueule cassée, qui masque ses yeux meurtriers.
Le plan est simple. Vider le coffre dans le bureau du directeur. Récupérer les papiers du divorce qu’il a mis sous clé. Et qu’il refuse de signer. Sinon Maria ne l’épousera pas.
Un cambriolage contre une lune de miel. Forcer les barrages, cogner les agents de sécurité, gonfler l’ancre marine sur ses biceps, pour emporter la plus belle fille du bal, dont il rêve depuis des années. La reine du lycée qui a fait des mauvais choix, tombée dans le piège à loup d’un industriel toxique.
Aujourd’hui, le mécano prend sa revanche. Une clé à molette pour dévisser la tête de son ennemi juré.
Nettoyer son karma et la planète. Et embrasser la fiancée de ses rêves passés.

chenilles

Vendredi 8 juillet 2016

Chenilles

Dans le grand hall de l’immeuble, les plantes croulent déjà sous les insectes rampants. Les larves crèvent le plafond.
La jolie secrétaire balaye un papillon géant du revers de la main. Ses ongles noirs frôlent les ailes dorées du phalène à tête de mort.
Ses collègues sont prisonniers dans des chrysalides. Plus personne ne respire.
Elle s’échappe par l’escalier en colimaçon avec ses cris hystériques qui tourbillonnent jusqu’au dernier étage.
Dans l’ascenseur coincé au seizième niveau, une monstruosité pond dans la gorge de son patron.
Elle monte sur le toit de la tour, s’arrache les joues dans un hurlement, sa manucure ensanglantée.
Un hélicoptère descend d’un cran, lance un filin de sauvetage, attrapé par un lierre sauvage. Et va se fracasser contre le béton armé. Les pales plient comme du papier et la carlingue part en fumée.
Des buildings autour sont mangés par des racines. Les plantes carnivores se tortillent dans l’aurore.
Le cauchemar vert ne fait que commencer. Le soleil est doux et caressant, sur les vers grouillants.

disparue

Samedi 25 juin 2016

disparue

Rentrer à la maison, les poches vides. Emprunter un chemin bien cabossé.
Se glisser par la porte sur la pointe des pieds glacés, des échardes plantées. S’en prendre une pour pas un rond.
Le paternel cuve son bourbon, ça me file le bourdon.
Je m’enfuis par l’escalier tordu, je me blottis dans un coin de la chambre, sous la couette de la pénombre.
Ce soir, je passe par la fenêtre. Prête à marcher sous la lune et traverser les étangs poisseux. Me faire un bain dans les marécages me ferait presque du bien.
Mes jeunes années souillées à laver, sur une terre vagabonde qui me rejette.
Je fais la tête. Mes yeux se brouillent. J’ai une sale bouille. Attendre encore les embrouilles.
Je crache sur mes 13 bougies.

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