camion

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Le semi-remorque tel un bulldozer éventre la façade de l’usine.
Les ouvriers fuient comme des abeilles.
Le métal en fusion gicle sur le pare-brise, coule sur le châssis, sur les roues avant, mais le monstre avance encore, roulant sur le caoutchouc.
Le contremaitre se dresse dans la lueur des phares, ses bras en croix, espérant déclencher le gémissement des freins, mais le grondement (rugissement) de l’accélérateur le nettoie comme une tache indésirable.
Alors que le sang bouillonne sur la grille du moteur.
Le moteur va se planter dans la cuve principale, la citerne… Le routier allume un dernier cigare, un truc immonde qu’il a pu se payer avec ses dernières indemnités. Pire que du foin à bestiaux.
Le bâton de dynamite entre les dents, la rage dans ses gants, serrés sur le volant moite, enfoncé dans le siège usé, râpeux.
Toute la ville privée d’électricité pendant 3 jours. Son deuil. Il ne sera pas mort dans l’indifférence.
Ruddolf Ramanski … Immatriculation 547-98YT-AK3.

Idée du camion peut-être venue en regardant la couverture du roman  « Nord » de Thierry Lassalle, chez Fleuve Noir Anticipation.
Penser au film Duel de Spielberg, d’après une nouvelle de Richard Matheson. Penser aussi à la dernière partie de Terminator 2, dans la fonderie.
Penser à Resident Evil Extinction, la fin de Carlos. Et à Ben Richards dans Running Man.
Un ouvrier licencié. Son dernier coup d’éclat.

Aucun titre définitif n’a jamais été trouvé. Semi-remorque était le nom de code. Camion cancer a aussi circulé, référence à une possible maladie, un personnage condamné, acculé de toutes les manières possibles: santé, privé de travail, isolé…
Un texte présenté à l’état brut, jamais finalisé, qui devait beaucoup à la fin de Carlos Oliveira dans Resident Evil Extinction, où il fait exploser un camion-citerne, en allumant une bâton de dynamite grâce à une dernière « cigarette ».

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