ex-corrompue

Soleil frappé, tête qui tourne.
Elle fait claquer la portière de la voiture, ses rangers qui arpentent la route mouillée de couleurs fluorescentes.
Sa main ivre, tremblante, jette l’insigne dans une poubelle gavée d’épluchures, son arme restée à l’appartement, le magasin vide : Luna ne représente plus la loi.

Dans le hall d’entrée, des cigares gros comme des troncs d’arbres s’affrontent en duel.
Une usine ferme au Népal, une ferme s’écroule en Arkansas, un sous-marin coule sous la banquise.
Des sujets importants, des conversations de salon, qu’elle bouscule d’un coup d’épaule. Un ventre rebondi et un gros œil derrière un monocle qui la prend pour cible, la colère qui lui griffe le dos, mais elle poursuit vers l’ascenseur des dirigeants.
La tour s’arrête au 53ème étage, sous les rejets chimiques de la grande cheminée, le phare de la ville.

Un large bureau, des gants en cuir, la toile d’araignée tatouée dans le cou, un sabre capable de trancher la lumière : Max Van Dyke se ressert un « Acide Tropique », le dernier cocktail à la mode.
Racheter des toiles de maîtres, couler des immeubles. Acheter les policiers, les dealers. Un sourire en coin et un goût piquant au creux de l’estomac : le cash, l’excitation et l’acide fruité.

Des gardes aux yeux exorbités. Une trainée de sang dans l’escalier. Le portique de sécurité qui crie et crache la fumée.
Luna Libano brise son poing sur la porte massive, efface le pouvoir de Van Dyke d’un coup de botte, la mâchoire collée au mur, ses dents en or qui mangent le tableau et le coffre fort.
Belle journée pour démissionner.

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